De nouvelles discussions Russie-Ukraine prévues mercredi à Istanbul, indique Zelensky


Après deux premières sessions sans grand résultat, de nouveaux pourparlers entre la Russie et l’Ukraine auront lieu mercredi, a annoncé lundi le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le Kremlin a affirmé être prêt à poursuivre des négociations avec l’Ukraine, après que le président américain Donald Trump lui a donné 50 jours pour négocier un accord sous peine de sanctions sévères.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué lundi 21 juillet que les prochains pourparlers de paix entre Moscou et Kiev étaient prévus mercredi, après deux précédentes sessions à Istanbul sans grand résultat pour mettre fin à la guerre entre les deux pays.
“J’ai discuté avec (le secrétaire du Conseil de sécurité ukrainien) Roustem Oumerov de la préparation d’un échange et d’une nouvelle réunion en Turquie avec la partie russe. Oumerov a indiqué que la réunion était prévue pour mercredi”, a déclaré Volodymyr Zelensky dans son adresse quotidienne diffusée sur les réseaux sociaux.
Selon un haut-responsable ukrainien interrogé plus tôt par l’AFP sous couvert d’anonymat, cette nouvelle session aura lieu “très probablement à Istanbul” et portera sur la poursuite des échanges de prisonniers et la préparation d’une éventuelle rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky. La rencontre a été confirmée et se tiendra à Istanbul, a confirmé une source officielle turque.
Si la rencontre de mercredi n’a pas encore été confirmée par le Kremlin, son porte-parole Dmitri Peskov avait estimé plus tôt lundi qu’il faudrait “beaucoup de travail” pour obtenir des avancées compte tenu des propositions de paix “diamétralement opposées” des deux pays.
Deux rencontres successives à  Istanbul entre délégations russe et ukrainienne, organisées sous la pression du président américain Donald Trump, n’ont guère apporté d’avancées sur un cessez-le-feu, ne débouchant que sur des échanges de prisonniers et de corps de soldats tués.
Lors des dernières négociations en juin, la Russie avait à nouveau présenté des exigences maximales, incluant la cession par l’Ukraine de quatre régions en plus de la Crimée annexée en 2014, ainsi que le renoncement à toute aide militaire occidentale et à une adhésion à l’Otan.
L’Ukraine avait rejeté ce qu’elle avait qualifié d'”ultimatums” et avait mis en doute la disposition de Moscou à négocier un cessez-le-feu.
Le Kremlin a cependant affirmé lui aussi être prêt à poursuivre des négociations avec l’Ukraine, après que le président américain Donald Trump lui a donné 50 jours pour négocier un accord sous peine de sanctions sévères et a annoncé la reprise de livraisons d’armes à Kiev.
Sur le terrain, la Russie a lancé au cours de la nuit une nouvelle vague de drones et de missiles sur l’Ukraine.
D’après l’armée de l’air ukrainienne, 426 drones et 24 missiles russes ont été lancés, causant notamment des dégâts dans les régions de Ivano-Frankivsk (ouest), de Kharkiv (nord-est) et à Kiev. Elle a assuré avoir neutralisé 403 drones et la totalité des missiles.
Le maire de la capitale Vitali Klitschko a indiqué que plusieurs incendies avaient éclaté en raison des frappes ou chute de débris de drones interceptés, qui ont touché notamment une école maternelle des immeubles résidentiels, un supermarché et l’entrée d’une station de métro.
Le ministère russe de la Défense a, de son côté, indiqué avoir visé des “entreprises du complexe militaro-industriel ukrainien et des aérodromes militaires” et avoir atteint ses cibles.
L’Ukraine ne communique quasiment jamais sur les dégâts ou pertes infligés à ses infrastructures militaires.
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, en visite de deux jours à Kiev, s’est rendu à la station de métro Loukianivska, l’un des sites endommagés par les frappes de la nuit et qui, comme d’autres stations, sert habituellement d’abri à la population lors des bombardements les plus intenses.
Il a ensuite évoqué avec le président Volodymyr Zelensky la coopération militaire, dont le soutien en matière de défense antiaérienne, selon les deux hommes.
Interrogé dans la soirée sur les nouveaux pourparlers russo-ukrainiens prévus en Turquie, il a dénoncé les “exigences maximalistes” et “inacceptables” de Moscou. “La diplomatie, ce n’est pas la soumission”, a-t-il déclaré, appelant de nouveau à un cessez-le-feu.
“Il est très important que ces réunions importantes (…) soient substantielles. Que l’autre partie ait pour mandat de discuter des questions les plus importantes : mettre fin à la guerre, parvenir à un cessez-le-feu”, a déclaré son homologue ukrainien, Andriï Sybiga.
L’armée ukrainienne frappe également quasiment quotidiennement le territoire russe avec des drones, y compris la région de Moscou. Lundi, l’armée russe a indiqué avoir abattu 107 drones ukrainiens au-dessus de son territoire. Des attaques ont forcé l’aéroport de Vnoukouvo, près de la capitale russe, à interrompre brièvement son fonctionnement.
Avec AFP